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 Librairie von Hohenhart

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MessageSujet: Librairie von Hohenhart   Jeu 27 Déc 2012 - 18:34

Ludvig Von HohenhartBien trop loin de la rue commerçante et bien trop proche du dédale tortueux des ruelles de Rahoon, la boutique de Ludvig apparait comme un petit point lumineux dans un décor assez sinistre. La façade de la boutique compte une devanture où loge une petite dizaine de livres parmi les plus précieux de la librairie, de l'autre côté de la porte, une simple fenêtre dénuée de rideau qui offre une vue d'ensemble de la boutique. La vitre de la devanture, comme celle de cette simple fenêtre est absolument transparente comme si elle venait être soigneusement nettoyée.

L'intérieur de la boutique n'est pas bien différent de ce qu'on pourrait attendre d'une librairie. Quelques étagères comblent l'espace de l'étroite pièce où de nombreux livres semblent attendre depuis déjà trop longtemps, un petit comptoir se trouve plus loin dans la boutique et est aussi couvert de livres que le sont les étagères, certains sont encore ouverts comme si le propriétaire des lieux lisait chacun des ouvrages que contenait sa boutique avant de les vendre. A droite de la porte d'entrée, c'est-à-dire à l'opposé des quelques étagères couvertes de livres, se trouvent deux lourds fauteuils, le genre à vous donner envie de vous y écrouler des heures durant, un appel à la paresse. Et en face de ses deux fauteuils, une large cheminée où brûleront parfois de grosses bûches, uniquement lors des soirées les plus froides ou celles trop humides.

Plus profondément dans le bâtiment, derrière le comptoir, un escalier semble donner accès à l'étage supérieur qui ne contient qu'une vaste pièce. Là encore on y retrouve de nombreuses bibliothèques couvertes de livres soigneusement rangés. Mais entre elles se trouvent un bureau discret et un large lit toujours défait.

Il flottera toujours dans l'air une odeur  mélangeant cuir, papier, encre et parfois celle du bois qui brûle tranquillement. Puisqu'il s'agit de livres et autres ouvrages destinés à être lus, parfois partiellement sur place ne serait-ce que pour s'assurer de leur contenu, la pièce est toujours irréprochablement éclairée. Pas un seul coin d'ombre ne subsiste entre les étagères. Et vous aurez aussi probablement le plaisir d'entendre grincer sous vos pieds une latte du parquet.
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Dim 30 Déc 2012 - 18:31

Ludvig Von HohenhartBien que la journée ne soit pas trop avancée, la nuit était déjà tombée depuis un petit moment sur Galway en ce jour de Décembre. L'intérieur de la boutique de Ludvig était absolument silencieux, seul le bruit de la pluie battant sur les carreaux l'animait. Ce n'était même plus une pluie mais plutôt un véritable désastre qui s'abattait sur la petite ville, une tempête. Ludvig était occupé à nettoyer les trop nombreux meubles qui encombraient presque la pièce, meubles déjà impeccables mais les clients ne pleuvaient pas comparés à l'eau.

Dans un soupir presque de lassitude, il s'éloigna de l'étagère dont il s'occupait jusqu'à présent pour aller se placer à la fenêtre que la chaleur intérieure avait recouverte d'une couche de buée. Il l'essuya du revers de la main pour regarder dehors. Il ne voyait que quelques lumières à travers cet océan de gouttes qui s'écroulait depuis le ciel. Il resta là un long moment à regarder la pluie tomber sans discontinuité. C'était à la fois rassurant et un peu triste, cette solitude un jour de pluie, l'histoire de sa vie, en somme. Il finit par se retourner pour contempler l'ensemble de la pièce qui constituait sa boutique, c'était un joyeux bordel qu'il aurait probablement prétendu ordonné si on le lui avait demandé. Chacun des nombreux meubles était couvert de divers ouvrages, chacun de ses livres semblait bien plus vieux que le propriétaire des lieux et leur présence faisait flotter une odeur de vieux cuir et de papier entamé par le temps et, se mêlant à cette odeur habituelle, celle d'un large feu de cheminée produisant des crépitements de temps à autres était aussi présente en cette froide soirée. Ludvig laissa se dessiner un sourire sur ses lèvres pâles. Ce n'était peut-être pas la vie qu'il avait souhaité étant gamin, mais il ne pouvait que tirer de la satisfaction de la situation actuelle.

Il contempla le royaume de savoir qu'était sa boutique, ou plutôt royaume en devenir puisqu'il venait à peine de s'installer et qu'il n'avait aucune influence en ville, ni même dans ce nouveau monde. Se procurer les ouvrages dont il rêvait était encore tâche impossible, l'espérer n'était que pure folie. Et à cette pensée son sourire s'effaça peu à peu devant le temps que cela lui prendrait de se faire un nom et justement le temps...

Le temps était contre lui, comme toujours.

Un craquement sourd se fit entendre et une lueur l'aveugla presque. Perdu dans ses sombres pensées, il eu le sentiment de se sentir partir, comme si cette lumière était celle d'un autre monde qui venait de s'ouvrir à lui, puis un autre craquement se fit entendre et Ludvig secoua la tête, dépité par sa propre bêtise alors qu'un simple orage avait décidé de se mêler au ballet de la pluie.

Le temps et l'heure avancée semblaient être contre la possibilité que de potentiels clients franchissent le seuil de la porte, ainsi, il tira l'un de deux gros fauteuils présents dans la pièce. Il s'y laissa tomber dans un soupir de satisfaction bien qu'il fronça aussitôt les sourcils avant de balayer les alentours du regard pour finalement passer une main entre son propre corps et le fauteuil, se soulevant légèrement pour rendre l'acte possible et d'en tirer un large livre.

Ses yeux coururent sur la couverture, luisant d'un intérêt passionné. Les quelques lettres présentes sur ladite couverture formaient un mot qui sonnait comme une promesse : "Immortalité". Profitant de la chaleur et de la clarté qu'offrait le généreux feu de cheminée, il inclina le livre de façon à profiter d'une meilleure visibilité et s'y plongea avec hâte.
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Mer 2 Jan 2013 - 2:08

Harmonia WhisperPendant que Ludvig s’agitait dans sa boutique, Harmonia rôdait dans une petite ruelle non loin d’ici. C’était lui qu’elle viendrait voir ce soir, nouveau venu dans la ville et potentielle menace pour sa blanche réputation. Elle n’aimait pas les amateurs de livres et d’arts, ils en apprenaient toujours trop en ressassant les choses du passé.

« C’est un collectionneur de livres anciens », c’est tout ce qu’elle avait réussi à faire cracher à cet homme du bar, qui avait soi-disant des informations. Quel imbécile! Son ignorance avait très rapidement agacé la vampire et fait travailler l’imagination de son esprit perfide. Quelques mots plus tard, l’homme avait été pris d’une folie sans pareil et s’était tapé la tête violemment sur le bord de la table jusqu’à ce que, dans un craquement sourd et une effusion de sang, mort s’en suive. Harmonia éclata de rire, rire qui raisonna dans la petite rue vide. Vraiment désopilant comme expérience, à refaire.

Elle marcha quelques minutes et s’arrêta au bout de la ruelle sombre, leva la tête vers le ciel et ferma les yeux. Les gouttes d’eau glacée tombaient sur son visage et glissaient le long de sa peau, la brûlant au passage. Le vent incontrôlable et taquin s’engouffrait dans ses cheveux pour les emmêler. Elle profita de cet instant. Car elle aimait être dehors par temps de pluie et de tempête pour voir dame nature se déchainer sur la ville. Elle aurait aimé que les rafales deviennent typhon et que le tumulte devienne cataclysme pour entrevoir la beauté du chaos. Mais le vent ne semblait pas vouloir s’emballer plus ce soir. Elle rouvrit les yeux, et tourna brusquement son regard vers un côté de la Cedarwood close street… La boutique était là-bas au loin. La lumière de la rue se refléta dans ses yeux telle une lueur de curiosité et d’envie. Elle était pressée de connaître son propriétaire et de savoir ce qu’elle allait en faire.

Harmonia commença à marcher vers la boutique, un sourire aux lèvres. Quel genre de personne serait-ce ? Le bruit de la foudre retentit. La mettrait-elle dans sa poche ou bien la ferait-elle disparaitre ? Il retentit à nouveau. L’idée de la faire disparaître lui plaisait plus. Elle prit soudain un air sérieux, accéléra progressivement le pas et finit par courir comme une dératée, tête baissée pour ne pas avoir de l’eau dans les yeux. Pendant sa course stratégies et scénarios défilèrent dans sa tête, et au bout d’une minute elle atteignit le magasin. Elle en ouvrit la porte d’un coup sec, franchit le seuil, et plaqua son dos contre celle-ci pour la refermer dans un effort perceptible contre la volonté du vent.

Il y eu un silence que seul le bruit de son souffle court brisait. Elle déglutit.

"Bonsoir, excusez-moi de m’introduire ainsi dans votre adorable boutique."

Elle leva lentement la tête pour se tourner vers la seule autre personne qu’il y avait ici. Lui s'était relevé de son fauteuil pour lui faire face.

"Je…"

Ce visage… pourquoi… lui disait-il quelque chose ? Une délicate mélodie résonna soudain dans sa tête, auquel s’y ajouta une autre, puis une autre encore. Les sons flous et légers s’additionnant devinrent une véritable cacophonie. Harmonia fit un sourire avec un air tout à fait naturel qui cacha le désordre de son esprit et cet effroyable mal de crâne qui vint l’envahir. Elle tenta de faire le vide.

De la harpe. Cette première mélodie, c’était de la harpe. Elle leva les bras et regarda ses vêtements.

"Je suis trempée ! Je rentrais chez moi et je me suis fait surprendre par la pluie."

Mensonges, elle savait qu’il pleuvrait ce soir, et elle s’était volontairement égarée dans le but d’atterrir ici. Son regard se posa de nouveau sur son interlocuteur. Des images et des sons vinrent accompagner la mélodie. Une vieille maison italienne, des rires, des visages,… son visage.

«Joue-moi encore ce passage, douce Harmonia».

Impossible ! Non, ce n’était pas le même homme, ce n’était pas celui qu’elle avait connu de son enfance. Comment cet humain osait-il porter ces mêmes traits, ce même visage ? Elle lui décollerait bien de la tête si elle en avait la force. Alors que son sourire si parfait commençait à se déformer en un rictus sous la colère, une odeur vint interrompre ses pensées. Peut-être était-ce son nez de vampire ou bien son instinct, mais Harmonia avait détecté quelque chose au-delà du parfum des livres et du vieux parquet. C’était comme… l’odeur de la mort. La curiosité l’emporta sur l’irritation. Elle se décida à engager la conversation.

"Alors Monsieur le libraire, que lisez-vous donc ?"

Harmonia avait volontairement ignoré le titre du livre pour laisser à l’homme tout le plaisir de lui exposer l’ouvrage qu’il tenait comme un trésor.

Dans ce court instant de silence, elle commença à retirer son long manteau noir déjà ouvert, dévoilant sa tenue plutôt légère pour un temps froid d'hiver. Elle essuya son jolie minois et écarta ses cheveux trempés d’un mouvement de la main.


Dernière édition par Harmonia Whisper le Dim 20 Jan 2013 - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Dim 20 Jan 2013 - 22:48

Ludvig Von HohenhartLe souffle du vent, le cri de l'orage et les hurlements de la pluie furent bientôt lointain alors que Ludvig se plongeait dans sa lecture. Il en avait toujours été ainsi, lorsque ses yeux parcouraient quelque passionnant ouvrage, il se retrouvait alors plongé dans une bulle, cocon protecteur. Et celui-ci l'était, à coup sûr. C'est pourquoi il n'entendit pas la porte s'ouvrir, ni même se claquer après une dure bataille contre le vent. A vrai dire, si, il l'avait bien entendu mais son esprit ne s'en était pas inquiété, c'était comme un bruit au milieu du vacarme, un cri d'oiseau dans une forêt agitée, le bruit d'une vague au milieu de l'océan.

C'est aussi pour cette raison que le jeune libraire sursauta quand les doux mots de la vampire vinrent jusqu'à ses oreilles. Bien que presque entièrement avalés par un craquement orageux, ils furent la cause du sursaut de Ludvig. Sursaut qui manqua presque d'arriver à lui faire lâcher son précieux livre. Rajustant son chapeau sur sa tête avant qu'il n'aille s'écraser sur le sol de la boutique, Ludvig se releva, effectuant demi-tour sur lui-même pour se retrouver face à la jeune femme.

Il mentirait s'il vous disait qu'il ne fut pas impressionné par la beauté de cette dernière. Qui aurait pu se vanter du contraire ? Bien sûr, il ne pouvait deviner qu'il s'agissait d'une créature de la nuit aux charmes presque... magiques. Il aurait pu s'adonner à la contemplation de son visage durant des heures, la bouche entrouverte mais le sourire de la vampire se transforma en grimace et l'arracha de cette douce rêverie. Cette grimace fut si fugace que le jeune humain ne put véritablement dire si elle avait été réelle ou simple travail de son imagination mais elle avait suffit à lui faire reprendre ses esprits.

La gorge sèche, il commença par déglutir avant de redresser son regard convenablement. Regard qui avait irrémédiablement glissé vers des endroits qu'il n'est pas très raffiné de fixer durant une discussion courtoise, la première qui plus est.

"Et c'est un plaisir que de vous y accueillir. Il est vrai que c'est un véritable déluge, dehors." Comme pour renforcer son propos ou peut-être simplement pour détacher son regard de celui hypnotique de la vampire, il jeta un coup d'oeil à la fenêtre. "Mais je vous en prie, vous avez bien fait de venir vous réfugier..."

S'il vit l'agacement et le début de colère qui pouvaient luire dans le regard de la jeune femme, il n'en montra rien et il ne craignit pas non plus de s'approcher d'elle pour lui tendre son bras de façon à ce qu'elle puisse y poser son lourd manteau. Il fronça légèrement les sourcils à la question de la jeune femme mais ne sembla pas s'offusquer plus que de mesure bien qu'il dut prendre un certain temps de réflexion avant de lui répondre.

"C'est un ouvrage que je viens à peine d'ouvrir. Il traite de certaines... rumeurs. Bien qu'ici, rien ne tienne de la rumeur, parait-il. Mais je viens d'arriver et c'est toujours un peu dur à croire. Et pourtant si... facile..."

L'espace d'un autre instant, plus long que le précédent, il replongea au plus profond de ses pensées, hésitant, torturé. Mais lorsqu'il reprit la parole, sa voix ne démontra nulle faiblesse.

"Cela parle des immortels, des créature de la nuit et autres... légendes. Mais le fait étonnant c'est que l'auteur n'en parle pas comme d'une simple légende ou comme un mythe pour enfant. Vous y croyez, vous, aux vampires ?"

Ses lèvres se mouvèrent alors pour former un sourire taquin, celui d'un enfant qui tente quelque chose sans avoir le moindre espoir d'une réponse favorable, une pulsion qu'il ne peut cependant contenir en lui. Dehors, l'orage ne semblait pas prêt à se calmer, plus bruyant que jamais, éclairant la ruelle comme le ferait le soleil.
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Jeu 14 Fév 2013 - 22:46

Harmonia WhisperLes Hommes… Ne peuvent-ils pas rester dans l’ignorance ? Cette belle et douce ignorance dans laquelle vous pouvez vivre et mourir heureux. Elle aurait aimé avoir cette chance. Ne pas savoir que ces êtres démoniaques existaient, ne pas savoir de quoi ils étaient capables et du point auquel ils pouvaient vous changer. Ne pas connaître cette envie aussi déplaisante que délicieuse de s’abreuver de cet exquis liquide écarlate. Avoir la vie de quelqu’un entre ses mains, et prendre plaisir à lui extraire, lui arracher. Se délecter de sa peur, de ses cris, le voir se débattre de toutes ses forces pour finalement s’abandonner à la mort...

Son regard se posa sur le cou du libraire, si proche…  Et son sourire innocent pris une once de malice, pour disparaître soudainement. Harmonia retira son manteau d’un geste leste et le déposa sur le bras du jeune homme où sa main s’attarda un moment. Ses doigts glissèrent jusqu’à son épaule pour s’y refermer doucement. Ses yeux n’avaient toujours pas lâché la carotide de Ludvig.

Devrait-elle lui arracher cette jolie artère pour répondre à sa vilaine question ? Lui donnerait-elle le sang qu’il était venu chercher dans cette ville sinistre? Alors qu’elle déposait son autre main sur sa nuque, sa bouche déjà entrouverte alla se placer tout proche du cou du libraire, l’effleurant des lèvres.  Elle poussa un soupir à la fois résigné et amusé. Son souffle glacé alla se heurter sur sa peau. Un instant s’écoula avant qu’elle ne finisse par lui chuchoter au creux de l’oreille :

"Je vous ai bien eu !"

Elle poussa un petit ricanement et s’écarta en sautillant vers la cheminée.  Elle leva alors ses mains vers le feu pour profiter de sa chaleur et prit un air sérieux. Son regard alla se perdre dans les flammes dansantes de la cheminée.

"S’il existait en ce monde des créatures aussi sanguinaires je préfèrerais ne pas y croire et ne pas les connaître… Mais à l’évidence, vous, c’est ce que vous désirez, n'est-ce pas?"

Pourquoi un homme sain d’esprit souhaiterait-il rencontrer ces gens ? Avait-il… Voulait-il mourir ? Est-ce ce sentiment qu’elle percevait en cette atmosphère pesante ? Non, elle sentait en cet homme le désir de vivre en ce monde, ou du moins l’envie d’y demeurer pour ne pas basculer dans l’autre. Après tout pourquoi quelqu’un souhaitant la mort se serait-il donner la peine de se déplacer jusqu’ici ? Ses yeux quittèrent la cheminée pour aller se poser sur le libraire. Peut-être… peut-être était-il proche de la fin. Elle fronça les sourcils.

"Dites-moi… qu’êtes-vous donc venu chercher à Galway? "

Harmonia inspecta un court instant son interlocuteur. Quelle étrange impression, avoir cet homme en face d’elle la rendait quelque peu nostalgique. Il avait un teint blafard mais lui rappelait le soleil et les belles soirées d’été. Ses lèvres s’ornèrent d’un sourire timide. Elle aurait aimé ne pas se souvenir de ce visage, et ne pas avoir à malmener quelqu’un le portant. Sans doute le verrait-elle disparaître une seconde fois.

Un épais ouvrage en cuir noir attira soudain son attention, à peine visible dans le foutoir du bureau. Elle arrivait à distinguer sur le dos du livre le symbole de pique en relief... ainsi un morceau du titre, écrit en lettres d’or : « Les cartes de Ga... ». Le voilà. Voilà ce qu’elle craignait et qu’elle était venue chercher. Son sourire s’agrandit.  L’avait-il déjà lu ou bien avait-il été posé là en attendant qu’il ne puisse s’y consacrer ? Harmonia examina l’ensemble de la pièce.

"Quelle magnifique collection vous avez là! Etes-vous de ceux qui s’inondent l’esprit d’histoires pour échapper à la réalité ou bien cherchez-vous en ces livres quelque chose de particulier?"

Elle plongea son regard dans le sien, lui qui l’avait déjà détourné plus d’une fois pour regarder plus bas. En vérité cela l’amusait beaucoup. Car Harmonia n’était pas des femmes qui se gênaient et s’en offusquaient. L’eau de ses vêtements trempés continuait à tomber sur le sol. Un sourire en coin, les yeux légèrement plissés, elle pensait à cette façon si facile de détourner l’attention et d’attirer le regard des hommes en certains… points. Comme pour confirmer sa théorie, une goutte s’échappa de ses cheveux bruns, couru le long de son cou, s’attarda curieusement sur sa poitrine pour finir par se perdre dans le décolleté de son corset bleu nuit. La vampire poussa un soupir...

Lui laisserait-elle ce livre noir pour qu’il s’abreuve d’autres belles histoires? Ou devrait-elle l’en priver avant qu’il n’apprenne ce qui l’amènerait à sa perte ?...
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Sam 30 Mar 2013 - 5:45

Ludvig Von HohenhartIl savait. Il le savait déjà, bien entendu. Il avait compris à l'instant où son regard s'était posé sur le visage de la "jeune" femme, au moment où ses yeux avaient osé aller fouiller l'immensité de son interlocutrice. Il y avait vu des centaines d'années de vie, probablement plus. Ce n'était pas là la profondeur à laquelle on peut s'attendre lorsque l'on croise le regard d'une femme qui semble si fraiche, loin de là. Et pourtant... pourtant, il était bien incapable d'y croire, bien incapable de comprendre aussi, probablement. Peut-être était-ce le charme surnaturel de la vampire ou peut-être simplement ce charme physique qu'elle dégageait en tout instant qui le poussait à ne pas croire ce que ses yeux avaient compris. Il demeurait donc aveugle. Aveuglé par cette femme qui l'attirait déjà comme une lumière en pleine nuit attire le pauvre insecte qui court à sa propre perte et se brûle les ailes à cause d'une chose qu'il ne peut comprendre.

Et chaque geste provoqua chez lui un frisson qui parcourait son corps et son esprit, l'embrumant plus à chaque seconde qu'il passait en la compagnie de l'immortelle. Particulièrement le souffle sur sa peau nue, un geste si délicieux transformé en véritable coup de poignard pour la volonté du pauvre homme qui n'aurait pu n'être plus qu'un vulgaire pantin entre les mains de la vampire si celle-ci l'avait décidé. Mais il en demeurait autrement... pour le moment. Les mots de cette dernière résonnèrent dans sa tête alors qu'elle s'éloignait déjà de lui pour se rapprocher du feu et il soupira. Sans savoir exactement pourquoi et sans vouloir chercher à le savoir, il était soulagé que le contact n'ait pas duré ne serait-ce qu'une seconde de plus.

Reprenant lentement ses esprits, il finit par sourire avant d'aller déposer l'habit de la "jeune" femme jusqu'à un simple porte-manteau placé non loin de là, puis il ne tarda pas à revenir à elle, s'avançant de quelques pas, pourtant, il conservait comme une distance de sécurité qui pourrait être pris pour de la simple politesse. Mais c'était bien autre, elle avait beau être hypnotisante, en gardant une certaine distance, il parvenait à garder l'esprit assez clair pour penser à autre chose qu'à elle, à ses regards et à ses soupirs. Il laissa passer les questions de la vampire sans y donner la moindre réponse, trop occupé à se reprendre pour ouvrir la bouche. Mais il l'écoutait, plus que jamais il n'avait écouté personne.

C'est finalement un sourire qui vint orner ses lèvres à la troisième question, il avait surmonté la peur et le désir qu'elle lui inspirait et ses questions, il les avait déjà entendues des dizaines de fois. Mais les entendre de la bouche d'un habitant de Galway, c'était autre chose. Elles ne sonnaient plus comme étonnées ou moqueuses. Elles détenaient quelque chose de plus, quelque chose d'intriguant. Ses pensées vagabondèrent, il ne pouvait s'empêcher de se sentir proche du but. Après tout, cette jeune femme n'était pas l'incarnation de la perfection ? A ses yeux, clairement. Il prit finalement la parole, d'une voix plus sûre.

"Il y a bien des choses qu'un homme pourrait venir chercher à Galway, je pense. Non pas que l'endroit soit particulièrement charmant, surtout si on le juge par rapport aux alentours de ma boutique, n'est-ce pas ?"

Il semblait vouloir continuer de parler mais dût s'arrêter un instant pour suivre la chute de la goutte d'eau, comme attiré inexorablement pas celle-ci. Et c'est bien maladroitement qu'il releva finalement le regard en toussotant, conscient lui-même de ne pas avoir été très discret et légèrement gêné par ce fait évident.

"... Mais vous semblez intéressée par mes activités. Allez-vous me dire comme de nombreux jusqu'ici que je semble poursuivre une chimère ? Qu'aucune de ces créatures n'existent ? Eh bien, je dois bien vous l'avouer, j'ai gardé un coeur d'enfant, très chère. Oui, il me serait agréable d'entendre dire que ces rumeurs ne sont pas les réminiscences de vieux mythes."

Et comme le doute l'envahissait, il fronça légèrement les sourcils et son index droit parcourut ses lèvres l'espace d'un instant. Avait-il bien fait de confier cela ? Aurait-il dû continuer à jouer les imbéciles comme bien souvent ? Prétextant qu'il n'y croyait pas non plus, mais qu'il trouvait cela amusant que des gens puissent le penser ?

Non.

Au diable tout ça, ici se trouvait sa dernière chance, il était las de parcourir le monde à la poursuite de chimères, s'il ne pouvait rien trouver à Galway, alors il y aurait au moins trouvé la fin du voyage. Il toussa à nouveau puis un autre sourire vint orner ses lèvres alors que dehors, un autre éclair déchira la nuit et éclaira quelque peu l'intérieur de la boutique pourtant illuminée plus que convenablement.

"Et oui, c'est bien la raison de ma venue en Galway, Dame. Peut-être trouverez-vous cela idiot mais... il en est ainsi. Et vous, alors ? Que faites-vous à Galway ? Y êtes-vous installée depuis longtemps ? Je veux dire... connaissez-vous bien l'endroit ? Je viens d'arriver, je serai ravi si vous pouviez me parler de la ville. J'y suis quelque peu perdu, voyez-vous."

Les questions étaient posées sur le ton de la discussion mais il ne les avait pas posées par hasard. Et il garda son regard ancré dans celui de la vampire, cherchant à discerner ses réactions par rapport aux questions. Pourrait-il y lire si elle mentait ? Il l'espérait.
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Ven 7 Juin 2013 - 15:53

Harmonia WhisperDe la curiosité, de l’envie, de l’audace, peu de peur et beaucoup de folie. Quel étonnant personnage, un enfant aux yeux pleins d’étoiles. Quel genre de récits avait-il bien pu lire et croire ? N’avait-il lu que des jolis contes aux dénouements heureux? La vie est une histoire qui ne finit jamais bien en soi, mais les récits des Hommes d’ici ne connaissaient pas les plus belles fins, et il en ferait certainement l’expérience.

Bienvenue à Galway, mon cher, bienvenue parmi les loups.

Elle esquissa un sourire à sa première remarque.  Entre tous les quartiers de cette ville, ce jeune sot avait choisi celui-ci. Quoi de mieux que d’ouvrir un commerce ici pour laisser sa porte ouverte aux individus les plus abjects. Et qui dit personnage méprisable, dit Harmonia Whisper…

"Certes, mais c’est malgré tout un quartier que j’affectionne, car il regorge souvent des surprises les plus exquises…"
Elle leva lentement son bras vers le jeune homme et tourna sa main, paume vers le haut. D’un mouvement, elle désigna l’ensemble de la boutique, mais sans détacher son regard du libraire.
"Et j’en ai encore la preuve aujourd’hui, n’est-ce pas ?" répéta-t-elle sur le même ton que son interlocuteur.

Ce quartier avait toujours été son préféré. C’était dans ses rues que l’on faisait les rencontres les plus inattendues,  du pauvre voyageur égaré au plus grand dirigeant de Galway. Elle ferma les yeux un instant et son sourire s’élargit. C’était ses lieux qui détenaient ses souvenirs les plus chers, les plus beaux et les plus tristes, les plus marquants, les plus macabres.
Certains lui apparaissaient désormais comme des rêves lointains, sublimes songes de sa vie passée. Peut-être que celui-ci en ferait partie un jour…

Elle écouta attentivement le discours du libraire. En dépit de toute l’assurance qu’il voulait mettre dans sa voix, seuls peur, doute et amertume parvenaient jusqu’aux oreilles de la vampire. Elle se demanda quel éprouvant chemin l’avait amené jusqu’ici. Au final, tous deux étaient venus à Galway dans le but de trouver ces immortels.

"Je ne pourrais que confirmer vos dires, Monsieur, car j’ai moi-même entendu des histoires aussi sordides qu’étranges impliquant des familles réputées de Galway. J’ai aussi quelques ouvrages en ma possession qui relatent d’autres faits de la sorte, plus anciens."

Peu de réponses, beaucoup de questions. Le jeune homme semblait vouloir garder ses secrets ou n’avait peut-être pas la patience de les développer. Il voulait savoir, et savoir tout de suite. Trouver la pomme et croquer dedans. Mais tout vient à point à qui sait attendre, elle s’était décidée à lui donner ce qu’il voulait, et c’est son cou qu’elle croquerait bien assez tôt.

Car cet homme, aussi téméraire soit-il en s’adressant ainsi à une femme dont il semblait connaître la nature, avait l’air tout aussi intelligent qu’il était charmant. Or les gens intrépides et rusés sont aussi souvent les plus imprévisibles. Faire de cet homme un de ses jolis petits pantins se révèlerait certainement aussi inutile que fastidieux, et laisser s’échapper un libraire curieux dans la nature serait un risque…

"Je demeure actuellement chez ma tante,  dans un petit manoir en centre ville. Je…"
Son sourire s’effaça soudain et son regard se perdit dehors au loin… Elle pencha la tête sur le côté.
"Peut-être pourriez-vous passer un soir ?... Je me ferais un plaisir de partager avec vous mes découvertes, si le cœur vous en dit…"

Elle secoua la tête, comme pour reprendre ses esprits.
"Oh, à ce propos, j’en oublie de me présenter… Je m’appelle Harmonia Whisper.
Enchantée, Monsieur… ?
" Demanda-t-elle d’un ton enjoué.
Elle lui tendit la main, un geste aux apparences de salutation mais qui semblait plein de promesses. Un sourire malicieux se dessina sur son visage candide.

Je t’emmènerai, petit agneau, je t’emmènerai gambader parmi les loups.
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Mar 16 Juil 2013 - 3:18

Ludvig Von HohenhartLe charme de la vampire était toujours aussi puissant mais son emprise sur le jeune humain diminuait peu à peu, on s'habitue toujours et ce à quoi l'on s'habitue nous touche chaque seconde un peu moins. Il pouvait respirer plus librement, contrôler l'ensemble de ses pensées et même le cheminement de son regard, il s'essaya d'ailleurs à le laisser errer sur la jeune femme et remarqua avec plaisir qu'elle ne l'enivrait plus, peu importe la partie d'elle qu'il fixait. Il releva finalement le visage pour venir la regarder... presque dans les yeux. Il ne fallait pas non plus abuser de ce contrôle retrouvé pour risquer de le perdre aussi facilement que la première fois. Il hocha la tête aux dires de son invitée et reprit d'un ton amusé, presque railleur.

"Pourtant, ce n'est pas par pur plaisir que je me suis installé ici, savez-vous, Dame. Nous sommes, vous ne pouvez l'ignorer, dans un quartier quelque peu... étrangement fréquenté. Loin de moi l'idée d'imaginer des choses... audacieuses à votre sujet mais avouer apprécier les rencontres faites dans un tel endroit... Cela... surprend, dirons-nous."

Mais reprendre le contrôle du fil de ses pensées, ce n'est pas reprendre le contrôle total de ses sentiments, il sentait bien que ses jambes le supportaient à peine et leurs tremblements étaient dû à une peur qu'il ne pouvait vraiment expliquer. Il sentait aussi cette goutte de sueur qui perlait d'entre ses cheveux pour couler très voire trop lentement sur son front. Ou encore sentait-il le froid naissant dans son dos qui lui donnait la chair de poule. Mais cette peur ne pouvait l'empêcher de sourire, nerveusement aussi, peut-être, mais surtout parce qu'il était heureux d'être là, même si tout pouvait tourner au cauchemar en l'espace d'une seconde, après tout, n'était-ce pas ce genre de cauchemars qu'il avait poursuivi pendant tout ce temps ?

"Oh, je ne puis vous dire si je suis exquis. Quel homme pourrait se vanter aussi grossièrement sur sa propre personne, hm ?"

Exquis. Un mot parfaitement choisi. N'est-ce pas ?

Il écouta sans broncher la proposition de la jeune femme et se contenta de hocher la tête lorsqu'elle lui parla de rumeurs et de livres anciens et ce fut peut-être l'effort le plus rude qu'il n'eut jamais à faire. Intérieurement, il sautait de joie, mais il ne pouvait l'exprimer aussi clairement et simplement devant la jeune femme, bien que seul un aveugle aurait pu passer à côté de la flamme qui s'alluma dans les yeux du jeune humain au fur et à mesure que les mots sortaient des lèvres de la vampire. Lèvres dont il ne pouvait détourner le regard, pas à cause de leur charme mais, cette fois, à cause des précieuses informations qu'elles lui envoyaient.

Il se surprit à sursauter lorsqu'elle avança la main vers lui, prit quelques secondes avant de tendre la sienne alors qu'un rouge léger lui vint aux joues. C'est toujours amusant de se rendre compte qu'une si petite faute, un si petit écart peut nous amener à rougir bien que la situation ne semble pas s'y prêter. Quelque soit la situation, un homme aura toujours honte d'un écart de conduite devant une femme charmante, même si cette dernière peut représenter sa mort imminente.

"Von Hohenhart. Mais je ne tiens pas à ce nom. Ludvig, c'est très bien, et déjà bien assez long à mon goût."

Le rouge finit par disparaître des joues de l'humain alors qu'il considérait la proposition. Plus aucun des gestes de la vampire, ni même sa voix pourtant délicieuse ne pouvait empêcher le libraire de penser, d'analyser et de peser le pour et le contre. Alors oui, ce pouvait être un affreux piège, un voyage pour lequel un billet de retour pourrait se montrer bien inutile. Il le savait, il le sentait et la vampire n'avait pas besoin de le cacher plus que cela, elle devait bien savoir qu'un bout de viande sur un piège visible reste toujours attirant pour un homme en train de mourir de faim. Et il se mourrait, pas de faim, certes, mais il se mourrait et Harmonia possédait tout ce dont il n'avait jamais rêvé.

"Le coeur m'en dit, très chère. Plus que vous ne pouvez l'imaginer. Un soir, un midi ou même en pleine nuit. Je ne connais personne et mes activités ne sont pas des plus nombreuses, vous me trouverez toujours ici ou, si je devais être absent, ce ne serait pas pour un long moment. Vous n'aurez qu'à passer, au moment voulu."

Allons gambader, allons danser, cher loup, car je suis las de cette vie d'agneau fébrile, las de trembler chaque soir alors que je ferme les yeux ou à chaque fois que mon corps me rappelle la faiblesse qui est mienne. Allons gambader, allons danser, et ce, même si je devais en mourir.

Il inclina la tête et fit un sourire à la jeune femme, son regard revenant se plonger dans le sien.
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MessageSujet: Re: Librairie von Hohenhart   Mar 3 Sep 2013 - 11:37

Harmonia Whisper" Enchantée, Ludv… "

La main dans la sienne, sa peau, sa chaleur … une étrange impression envahit la vampire et coupa court à ses mots. Un début de picotements dans le bout des doigts vint soudain la submerger, remontant jusqu’à son visage et lui chatouillant le cou, pour redescendre jusqu’à son cœur.
Avait-il battu, encore ? Non, certainement pas. Impossible. Pourtant c’était comme si l’essence même de la vie de ce garçon était parvenue jusqu’à elle. Le bruit de l’orage et de la pluie contre les vitres se firent lointains, les contours de la pièce devinrent flous. Perdu… son esprit s’était perdu à ce simple contact.

" …Ludvig ! " reprit-elle du même air enjoué, tout en retirant sa main, l’air de rien.

Elle serra doucement le poing, comme pour faire disparaître cette sensation absurde. Les paroles du jeune homme parvinrent jusqu’à ses oreilles sans vraiment qu’elle ne les assimile. Que venait-il de se passer, à l’instant ? Elle ne comprenait pas. Que lui arrivait-il ? Et quel était ce sentiment, là, maintenant ? De… de la peur ? Six cents ans sans la moindre interrogation, la moindre once de doute, et voilà qu’elle commençait à vaciller ?! C’était de sa faute, à lui ! À ce visage, à cette voix, qui la ramenait dans un passé qu’elle ne voulait pas retrouver ! Elle fit volte-face, les dents serrées.

Quelques secondes passèrent ensuite, pendant lesquelles des mots comme « quiétude » et « bien-être »  lui vinrent à l’esprit, comme ça. La réalité était que cet homme, aussi banal et insipide soit-il, était la seule personne capable de la changer. Ce n’était pas tant son apparence ni sa voix mais tout son être qui pourrait s’accorder avec le sien. Un rédempteur, qui effacerait ses fautes, atténuerait ses maux. Un sauveur, en quelques sortes, quelqu’un qui pourrait lui faire sortir la tête de l’eau, après tout ce temps passé en apnée au fond des sombres abysses.

C’est tout ce qu’elle avait cru lire en lui, qu’elle avait soudain réalisé à son contact, mais qu’elle ne saisissait pas bien encore. Elle avait cette impression que son destin était lié à lui, d’une manière ou d’une autre. Il n’était pas une simple menace ou bien une simple proie mais bien les prémices d’une nouvelle vie qui s’offrait à elle. Seulement… voulait-elle saisir cette chance ?

Non.
Si elle devait se lier à lui, alors elle lui aspirerait son âme.

Elle tourna sa tête pour le regarder par-dessus son épaule avec un air dubitatif, presque apeuré. Elle baissa les yeux.

" Dans ce cas, vous aurez bientôt de mes nouvelles… "

Harmonia releva la tête. Lui… la regardait droit dans les yeux, comme si il regardait sa mort en face. Il était calme, serein, malgré tout. Comment pouvait-il être ainsi ? C’était inconcevable qu’il n’ait déjà plus peur, qu’elle n’ait plus de pouvoir sur lui. Et pourtant, à mesure qu’il reprenait le contrôle sur lui-même, elle, le perdait, comme si sa force et sa volonté étaient aspirées par cet homme. Elle détourna la tête d’un mouvement brusque, le souffle court. Quelle ironie du sort de voir que cette personne, si faible, si chétive, avait le pouvoir de faire tomber une vampire si puissante, de tourmenter son esprit.

Elle soupira, et avec son souffle, ses craintes s’envolèrent. Qu’importe qu’il soit si sûr de lui, c’est elle qui avait sa vie entre ses mains, et elle savait déjà parfaitement ce qu’elle allait en faire. Elle s’avança vers la porte, posa sa main sur la poignée pour la tourner doucement.

" Au revoir, Ludvig. "
Puisse-t-on se revoir de nouveau.

Sans se retourner, elle sortit et referma doucement la porte, laissant derrière elle le manteau ainsi que le livre aux lettres d’or. La pluie n’avait pas cessée, la tempête ne s’était pas calmée. Harmonia était presque soulagée que ceci n’ait pas changé. Le froid de la pluie sur son visage l’apaisa. Elle se décida alors à partir, marchant calmement sous l’averse et les orages, et finit par disparaître au loin, dans l’ombre de la nuit.
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